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SOUTENANCES DECEMBRE 2019

Publié : 3 décembre 2019
Catégorie : Soutenances
Voir : Bourses et l'ED 382


mercredi 4 décembre : soutenance de Mme IDRISS Mamaye
Titre : Femmes et engagement pour la départementalisation de Mayotte (1958-2011) : Dynamiques du genre dans les luttes sociales et politiques dans l’archipel des Comores

Résumé : À Mayotte, l’idée selon laquelle les femmes détiendraient une position avantageuse, voire supérieure aux hommes, suggérant une inversion des rapports de genre dans une société musulmane, est un élément saillant dans les médias. L’association des femmes à la lutte pour la départementalisation a conduit à la construction de stéréotypes de genre où départementalisme et indépendantisme étaient respectivement l’affaire des femmes et des hommes. De 1966 à 1976, un mouvement protestataire embrasa l’île. Cette mobilisation, majoritairement féminine, réclamait la séparation de l’île de l’archipel qui formait alors un territoire d’outre-mer français. L’irruption des femmes de l’îlot de Petite-Terre à Mayotte sur le devant de la scène politique occupée par les hommes est à relier à des dynamiques féminines anciennes, mais aussi aux rapports de genre au cœur de l’émergence de cette lutte. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, des femmes de Sainte-Marie (Madagascar), Grande-Comore, Anjouan et La Réunion, s’installent en Petite-Terre et tirent parti de l’offre éducative ainsi que des opportunités de travail liés à la présence du chef-lieu. La perspective historique sur le genre donne une plus grande visibilité à la montée en puissance des femmes au cours du XXe siècle stimulée par l’existence de nouveaux modèles et d’un cosmopolitisme au féminin dans l’espace circonscrit de PetiteTerre. Au milieu du XXe siècle, la première génération de femmes auxiliaires de l’administration coloniale émerge ; ce processus s’accompagne par la suite de l’accession de femmes à des fonctions électives. Croisant récits de vie et archives, la recherche s’intéresse aux formes de l’engagement féminin, aux transmissions générationnelles et familiales (capital militant, idéel) qui aboutirent à la départementalisation de Mayotte en 2011.

jeudi 5 décembre : soutenance de Mme NUSSBAUM Florence
Titre : La valeur du vide : délaissement résidentiel et acteurs de marché dans la fabrique urbaine

Résumé :
La thèse porte sur les logiques de délaissement résidentiel dans les grandes villes des États-Unis. Si la crise économique de 2008 a médiatisé la multiplication des logements abandonnés du fait des saisies immobilières, la vacance résidentielle est un phénomène bien plus ancien et qui s’étend au-delà des anciennes régions industrielles en crise, se superposant à la vulnérabilité sociale et raciale au Nord comme au Sud. Comment expliquer la persistance de zones dégradées au cœur des villes dans un contexte de gentrification croissante des centres urbains ? À partir des exemples de Chicago et Houston, la thèse interroge le rôle joué par différents acteurs, publics comme privés, dans le déclin démographique et matériel des quartiers péri centraux en s’intéressant spécifiquement aux propriétés délaissées. Elle adopte une approche relationnelle inspirée de l’économie politique afin de révéler le poids des stratégies individuelles et collectives dans l’évolution du tissu urbain. Dans les quartiers étudiés, le déclin ne s’explique pas par un simple déséquilibre de l’offre et de la demande. L’analyse de la géopolitique locale de l’abandon révèle que les propriétés délaissées suscitent alliances et conflits entre les acteurs locaux, ce qui participe à l’inertie des quartiers dégradés. La complexité des dispositifs juridiques qui encadrent ces propriétés explique notamment l’impuissance de la plupart des acteurs locaux. Toutefois, loin d’être complètement abandonnés, ces quartiers dégradés sont en fait le support d’une intense activité de spéculation de la part d’investisseurs privés. Les modalités de gestion de la vacance par les autorités locales renforcent cette dynamique de privatisation de la fabrique urbaine et contribuent à une différenciation spatiale croissante au sein des grandes villes des États-Unis.

lundi 9 décembre : soutenance de M. HARCHAOUI SOUHIL
Titre : Modélisation des transitions en agriculture : énergie, azote et capacité nourricière de la France dans la longue durée (1882-2016) et prémices pour une généralisation à l’échelle mondiale

Résumé :
Face aux enjeux de changement climatique et de transition énergétique associés aux prévisions de croissance démographique au cours du XXIème siècle, l’agriculture doit se transformer pour produire plus de nourriture tout en réduisant sa dépendance aux ressources non-renouvelables et en préservant les écosystèmes. Dans ce contexte, cette thèse s’intéresse à examiner les impacts des contraintes biophysiques et des transformations sociotechniques sur le métabolisme agricole, les transitions et la capacité nourricière de l’agriculture. Le métabolisme agricole est modélisé par les flux d’énergie et d’azote que le système agricole mobilise et transforme pour fonctionner et fournir de la biomasse. Ce cadre analytique permet d’une part de positionner l’agriculture dans les enjeux de la transition énergétique et, d’autre part, de quantifier conjointement la capacité nourricière atteignable et son impact sur la biogéochimie planétaire. Nous examinons le métabolisme agricole à deux niveaux d’échelles spatio-temporelles : une modélisation en perspective historique de longue durée (1882-2016) à l’échelle de la France et une modélisation historique (1961-2013) et prospective à l’échelle du monde.
L’analyse de l’agriculture en France s’appuie sur la modélisation des données historiques de productions et des moyens de productions. Nous mettons en lumière les mécanismes qui relient les entrées et sorties du système agricole, et les transitions énergétiques et azote associées de manière continue depuis 1882. Nous caractérisons la trajectoire française à l’aide d’indicateurs d’efficacité, de retour sur investissement énergétique, de surplus agricole, d’autosuffisance et de neutralité énergétique du système. La neutralité énergétique est un indicateur clé pour positionner l’agriculture dans la transition énergétique à venir. Nous retraçons l’impact des transformations sociotechniques sur les transitions qui ont fait quadrupler le surplus alimentaire des fermes et ont réduit presque à zéro leur autosuffisance énergétique. L’agriculture produisait en énergie deux fois ce qu’elle consommait en temps préindustriels contre quatre fois aujourd’hui, or elle est passée d’un système énergétiquement autonome nourri de biomasse à un système quasi-exclusivement nourri d’énergies fossiles. Exprimée en équivalent biomasse, la consommation actuelle d’énergie de l’agriculture est égale à sa production, ce qui en fait un système énergétiquement inintéressant. Le défi pour l’agriculture est de contribuer à la transition énergétique sans empiéter sur sa production alimentaire. Relever ce défi, qui est peu compris par la société, passe par l’amélioration de la performance énergétique de l’agriculture et implique l’amélioration de l’efficacité d’utilisation de l’azote ainsi que la réduction de l’élevage surtout des monogastriques, la valorisation énergétique d’une majorité des résidus agricoles et la réduction du travail au champs.
La modélisation à l’échelle mondiale permet de caractériser la trajectoire de l’agriculture en termes de capacité nourricière et d’impact environnemental et d’évaluer sa capacité limite de production sur la base des contraintes biophysiques. Cette modélisation est un premier module centré sur le métabolisme azote et ne tient pas compte du mode de fonctionnement énergétique de l’agriculture. Nous examinons les limites de production alimentaire mondiale conjointement avec les pertes d’azote en fonction des degrés d’autosuffisance en azote. Nous montrons que la population humaine maximale supportable sur Terre peut varier de 6 à 17 milliards de personnes en fonction de la part de la production totale de grain utilisée dans l’alimentation animale, l’efficacité d’utilisation de l’azote et le régime de fertilisation azotée. Cette analyse permet de confronter, comme c’est rarement fait, les projections démographiques officielles pour le XXIe siècle à des contraintes biophysiques planétaires et discuter leurs conditions de réalisation.

lundi 9 décembre : soutenance de M. DE FACCI DAMIANO
Titre : Les formes de participation des associations à l’action publique en Tunisie. Référentiels et configurations locales de l’action associative après la révolution

Résumé :
Dans le contexte de l’essor des associations qui a suivi la révolution tunisienne de 2011, cette thèse interroge la participation des associations au changement des politiques publiques qui ont favorisé la marginalisation sociale et territoriale sous l’ancien régime. Adoptant une approche de sociologie de l’action publique, la thèse s’appuie à la fois sur l’analyse des réseaux d’acteurs, des coalitions et de leurs systèmes de représentation et sur l’analyse localisée des configurations associatives de Kasserine et de Sfax. Cette approche permet d’étudier la fonction institutionnelle des réseaux associatifs, tissés à la fois à partir des trajectoires des activistes et des dispositifs mis en place par les associations, et de saisir des formes de régulation particulières à des échelles plus petites.
La première partie de la thèse montre que la discontinuité majeure issue de la révolution se situe d’une part au niveau de la pluralité d’acteurs aux projets différents et de lieux qui rentrent en jeu dans la définition de l’action publique ; et d’autre part au niveau de la perte du monopole du pouvoir de l’État et de l’ancien parti hégémonique. Des référentiels émergent pour penser une action publique renouvelée, où les associations sont impliquées en tant qu’acteur majeur. Ils légitiment des programmes, des instruments et des systèmes de coordination territoriale censés contrer les situations de marginalité et renouveler l’action publique dans un sens plus démocratique et inclusif : l’économie sociale et solidaire, la charité religieuse, la démocratie participative.
La deuxième partie de la thèse s’attache à analyser l’émergence de configurations locales de l’action associative à partir des coalitions et des réseaux constitués à la fois dans l’engagement et avec la mise en œuvre de projets. Dans la ville de Kasserine, la participation des associations à l’action publique relève d’une économie politique locale liée aux ressources de la coopération internationale. La situation de concurrence entre associations, notamment pour s’accaparer l’aide technique et financière internationale, permet l’émergence de réseaux d’insertion où l’impératif entrepreneurial joue à la fois comme distinction et comme stratégie d’insertion. En revanche, dans la ville de Sfax, les associations jouent un rôle clé de construction de coordinations entre acteurs différents. À partir d’un circuit de ressources internes, la construction de réseaux d’associations crée une véritable gouvernance territoriale, où des formes de régulation sectorielle locale s’instituent, notamment dans les domaines des politiques sociales et de la participation aux décisions municipales.
La pluralité des référentiels et des logiques d’engagement, le jeu des coalitions et les régulations locales articulent la pluralisation sociale et idéologique à la différenciation de sphères socio-professionnelles spécialisées et au polycentrisme institutionnel et territorial. L’articulation de ces processus entraîne la réorganisation des liens de dépendance, au-delà du centre étatique. L’analyse localisée montre, d’une part, l’émergence de configurations dépendantes de l’international, qui favorisent la bureaucratisation de l’action associative comme mode d’insertion. De l’autre, elle met au jour les prétentions hégémoniques de certains groupes sociaux engagés dans les associations, qui procèdent d’une logique élitaire outre que de la managérialisation.

mardi 10 décembre : soutenance de Mme SHIMOOKA Erina
Titre : Une Convention oubliée : la convention franc-ryûkyû de 1855

Résumé :
Au XIXe siècle, le royaume des Ryûkyû (actuelle préfecture d’Okinawa au Japon) était à la fois tributaire de la Chine des Qing et sous la domination des shôgun Tokugawa (via le fief de Satsuma). Toutefois, il conservait une large autonomie politique.
Cherchant un point d’appui en Extrême-Orient, et ne pouvant avoir accès aux ports japonais en raison de la politique de « sakoku », la France de la Monarchie de Juillet a fixé son attention sur ce royaume et y a envoyé à partir de 1844 des militaires ainsi que des prêtres des Missions étrangères de Paris. La situation ainsi créée dans le royaume fut aussi inédite que complexe ; d’un côté, les autorités des Ryûkyû surveillaient très étroitement les étrangers présents, qu’elles isolaient de la population locale par tous les moyens ; d’un autre côté, les Français profitaient de l’occasion qui leur était donnée pour observer de l’intérieur cette contrée encore peu connue de l’Europe et pour tenter de l’évangéliser.
Ce premier contact aboutit à la conclusion d’une convention, le 24 novembre 1855, entre la France et le royaume des Ryûkyû. Si cette convention ne fut finalement jamais ratifiée, elle a eu un impact important sur la politique extérieure des Ryûkyû. Elle a également pesé sur les premières relations franco-japonaises.

vendredi 13 décembre : soutenance de M. HOOSHMAND Nader
Titre : Rancière, Jameson et penser avec le roman : dynamiques philosophiques, perspectives politiques

Résumé :
Pourquoi et comment penser et repenser depuis le roman, ce "genre" hors-norme et difficilement définissable qui s’est historiquement trouvé à la croisée de l’ancien et du nouveau ? qui a été à bien des égards la représentation même de la nouvelle poétique se construisant au fur et à mesure à partir et sur les ruines de la hiérarchie fictionnelle du passé ? qui a déployé et qui déploie toujours, peut être mieux que les autres formes narratives, de nouvelles possibilités aussi bien que de nouvelles apories toutes faisant partie des horizons de la modernité littéraire elle-même ? C’est en nous reposant ces questions fondamentales que nous nous interrogeons sur la place privilégiée qu,occupe le roman chez Fredric Jameson et Jacques Rancière qui ont tous deux pensé une politique de la littérature : la relecture jamesonienne de l’interprétation de textes et la contre-lecture ranciérienne de l’Idée de la littérature y sont considérées comme deux points de départ qui nous conduisent au cœur de notre propre problématique, c’est à-dire interroger une pensée de la lecture qui, en dépit de leurs divergences méthodiques, fait de Jameson et Rancière avant d’être des critiques littéraires des penseurs de la lecture comme pratique émancipatrice. Tel que Jameson et Rancière l’entendent, le mettent en perspective et l’analysent, le roman semble, tout en se changeant et la forme et le contenu, être la continuité de ses propres remises en question. De Cervantès et son roman archétypique jusqu’à Flaubert et son incessante quête pour le "mot juste", de Balzac et sa typologie zoologique des espèces sociales jusqu’à Proust et Joyce et leurs livres-mondes tout en passant par les narrations de Conrad. Faulkner, Woolf, etc., nous poursuivons donc les interventions critiques ébauchées et élaborées par Jameson et Rancière dans les champs opérationnels de la littérature romanesque afin de rouvrir, pour
notre part, de nouveaux horizons où s’entrecroisent et s’entremêlent les processus philosophiques avec les faits et les situations historico-politiques.

jeudi 16 décembre : soutenance de M. DIEDHIOU Ibrahima
Titre : Entre utilisation et préservation des ressources ligneuses en Afrique de l’Ouest : Dynamique des paysages forestiers en Sénégambie méridionale

Résumé :
Ce travail de recherche a pour objet de caractériser la dynamique des paysages forestiers, un des piliers du système de production sénégambiens. Il met l’accent sur l’une des problématiques les plus importantes de ce XXI siècle à savoir comment concilier les usages et la préservation des ressources forestières au moment où la demande ne cesse d’augmenter à l’échelle mondiale. Ces paysages forestiers qui, depuis longtemps rythment et organisent la vie spirituelle, culturelle et économique des populations rurales sénégambiennes ont connu ces cinq dernières décennies des mutations sans précédents. L’un des principaux éléments à l’origine de la situation actuelle est sans doute la pluviométrie dont la variabilité à la fois temporelle et spatiale a non seulement ébranlé de façon générale la vie rurale mais aussi réduit la productivité des écosystèmes naturels. Cette situation est encore aggravée par l’instabilité politique que connait la région depuis les années 1980, qui a fortement changé la relation entre les populations et leurs ressources à tel point que se pose désormais la question du devenir des paysages forestiers de cette région. Pour mieux appréhender la problématique soulevée, nous avons combiné dans une approche multiscalaire, l’analyse des données de télédétection et les images Google Earth avec les Systèmes d’Information Géographiques. Ce travail cartographique a permis dans un premier temps de dresser l’état de ces paysages forestiers, leur dynamique d’évolution à l’échelle régionale et dans un second temps, d’appréhender les mutations en cours au sein des terroirs villageois par l’analyse des logiques d’organisation, d’appropriation de l’espace, des pratiques, des usages et des modes de gestions des ressources ligneuses. Cette dynamique des paysages forestiers illustre aussi d’une certaine façon la relation entre les populations et leurs ressources, laquelle ne peut être appréhendée par les entretiens. L’analyse du discours par approche textométrique a par ailleurs montré que la perception de la dynamique paysagère est fortement dépendante du poids et de l’influence de l’autorité régissante l’usage et l’exploitation des ressources. Elle a révélé en outre que lorsque le mode de gestion des ressources ligneuses repose sur le droit coutumier comme c’est le cas dans les terroirs du sud de la Casamance, les boisements se densifient. Ce type de dynamique contraste fortement avec celle observée dans les terroirs villageois du nord où la frigidite de l’autorité coutumière et des services de l’État ont favorisé l’exploitation abusive des ressources forestières.

jeudi 19 décembre : soutenance de Mme SCHIPOUNOFF Nathalie
Titre : Aimables startuppers, pour un monde meilleur ou une meilleure place ? Ethnologie du mode startup dans un incubateur parisien.

Résumé :
« Changer le monde et en faire un meilleur endroit » est le leitmotiv de tout startupper qui souhaite convaincre des investisseurs. Une startup dans l’IT (information technology) est « une institution humaine conçue pour créer un produit ou un service dans des conditions d’incertitude extrême. » Que signifie alors pour un startupper « vouloir changer le monde » ? Les fantasmes de la réussite pour tous et de l’entrepreneuriat suffisent-ils à prendre un tel risque ? Notre hypothèse de départ est que le mode startup observé dans ce travail de recherche est une fabrique de « nouveaux ambitieux » dans le système néolibéral. L’enjeu est de permettre aux startuppers d’espérer contribuer par leur travail à un monde meilleur, alors qu’ils restent au service de la sphère financière et des levées de fonds, voire de la spéculation en échange d’une meilleure place sociale.
Pour en faire la démonstration, les méthodes utilisées dans cette recherche s’articulent autour de quatre grands axes :

- une recherche académique, conjuguée à une veille récurrente,
- une observation ethnologique participante dans un incubateur parisien pendant plus
de 15 mois,
- une étude ethnographique et sémantique des posts (billets) partagés et anonymisés
sur Facebook de startuppers et de monographies biographiques publiées sur Tumblr
des fondateurs de startups présentes pendant la phase de terrain.

L’objectif est de tenter dans la lignée du « Village métamorphosé » de Pascal Dibie
d’apporter à sa mesure, à l’échelle d’un incubateur « une approche singulière porteuse de l’universel »3, des éclairages sur les coutumes, les rituels voire les croyances du monde des startups et de démontrer dans cette recherche en quoi le mode startup n’a pas vocation à sortir du capitalisme, mais à le réenchanter. L’utopie aux sources du numérique qui consiste à vouloir changer le monde est devenue un pitch marketing.
Toutefois, cette étude entrevoit dans ce postmodernisme et le fait de devenir startupper une forme de résilience. Créer une startup, c’est vouloir retrouver du sens et une place parmi les meilleurs, mais c’est aussi tenter de concilier l’inconciliable : humaniser la déshumanisation.

vendredi 20 décembre : soutenance de M. PIERRE Louis-Marc
Titre : La vulnérabilité des communes de Port-au-Prince et de Petion Ville (Haiti) vue à travers le linéaire de la rivière Bois-de-Chêne : Analyse de géographie urbaine et des risques

Résumé :
Cette thèse aborde la vulnérabilité du territoire du bassin versant de la rivière Bois-de-chêne. Cette vulnérabilité augmente, entre autres, en raison de la métropolisation de la ville de Port-au-Prince, la capitale du d’Haïti. Ce processus de vulnérabilisation ou d’aggravation des vulnérabilités génère des dysfonctionnements et est largement responsable de l’aggravation des destructions quand survient un phenomene potentiellement domageable. Notre objectif est donc d’analyser la vulnerabilité du territoire tant du point de vue biophysique, social que du point de vue systémique.
Pour ce faire, nous avons élaboré une démarche méthodologique fondée sur des observations directes (individuelles et de groupe). Nous avons collecté des données de terrains au moyen d’enquêtes auprès de 300 ménages, auprès des membres d’organisations et de personnels (Membres CASEC, Maires, directeurs de service, etc.). Nous avons aussi utilisé les données de l’Institut Haïtien de la Statistique et de l’Information (IHSI) relatives au profil démographique de la population. Les archives et divers documents nous ont aussi permis de comprendre la construction historique des vulnérabilités du bassin versant de la rivière du Bois-de-chêne, et de Port-au-Prince en général.
Nous insistons sur les jeux des acteurs (internationaux, nationaux et locaux), quant à l’aménagement de l’espace et de la gestion des risques et des catastrophes.
Le croisement et l’analyse des données recueillies montrent que la vulnérabilité est historiquement liée, d’une part, à l’occupation des zones fragiles, à la centralisation du pays autour de Port-au-Prince et aux crises multiples et cycliques de tout type exacerbées par la pauvreté chronique. Celle-ci influence profondément l’environnement physique, socioéconomique et politique du bassin versant de la rivière Bois-de-chêne. D’autre part, la vulnérabilité est profondément liée au mode d’aménagement et de gestion des risques et des catastrophes, dont les dispositifs mis en place par les acteurs étatiques créent des conflits divers à différentes échelles.
D’autres dispositifs institutionnels, les ONG, les acteurs institutionnels voire les individus ont pris le relai des acteurs politiques traditionnels pour réduire la vulnérabilité. Néanmoins, ces nouveaux acteurs n’ont pas contribué à une meilleure gestion du risque. Les dispositifs administratifs, institutionnels et juridiques nationaux sont au même titre que les institutions internationales parfois responsables de conflits entre certains acteurs qui vulnérabilise le système du Bois-de-chêne.

vendredi 20 décembre : soutenance de Mme PLEDRAN Oriane
Titre : L’agroforesterie sous contrat : leurre ou opportunité ? Cas des filières café et cacao, études de cas au Pérou et au Nicaragua

Résumé :
Le changement climatique, la dégradation des sols, la déforestation, la rémanence de la pauvreté dans les zones de production, la demande pour une qualité et une traçabilité accrue sont autant de signaux appelant à repenser les modes de production du café et du cacao. Les analyses menées auprès des industries de l’aval et sur deux partenariats agroforestiers au Pérou et au Nicaragua permettent de concevoir le modèle de l’agroforesterie sous contrat comme une solution pertinente pour repenser la place de l’entreprise dans son écosystème, réduire la vulnérabilité des producteurs et accroître les externalités environnementales positives de l’entreprise. Toutefois, cette approche ne semble aujourd’hui fonctionner que pour les entreprises positionnées sur les marchés de niche, là où la demande pour un produit de qualité organoleptique et éthique est plus importante. Sur les autres segments du marché, les approches agroforestières demeurent encore timides et limitées. Aussi, parmi les quatre types de partenariats identifiés, tous n’ont pas le même potentiel pour répondre aux problématiques d’approvisionnement et de vulnérabilité du producteur. Les modalités de mise en œuvre (niveau de l’offre de services, organisation locale, prise en compte de la dimension sociale du contrat), le contenu du contrat (inclusion de la dimension « arborée » dans le contrat de production) et le modèle agroforestier promu (inclusion des arbres fruitiers) sont des facteurs clés de succès d’un partenariat agroforestier. La reconfiguration des chaînes de valeur du café et du cacao invite à l’adoption d’un nouveau regard holistique sur la relation qu’entretient l’entreprise avec le producteur.



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