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Sciences des sociétés
Ecole doctorale 624
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Soutenances FÉVRIER 2020

Publié : 20 janvier 2020
Catégorie : Soutenances
Voir : Bourses et l'ED 382


mercredi 5 février 2020 : soutenance de Mme Fanny RASSAT

Titre : Le rôle des initiatives civiles de prévention des déchets dans la fabrique de la ville. L’exemple des lieux de réemploi

Résumé :
L’objectif de cette thèse est d’étudier la redéfinition du rapport aux rebuts produits par les ménages, dans la ville à travers les procédés de prévention des déchets. Dans un contexte de croissance de la consommation et du remplacement rapide des objets obsolètes, la quantité de rebuts a fortement augmenté. La réduction des déchets est devenue un enjeu prioritaire pour les politiques de développement durable. Alors que la réduction des nuisances liées aux déchets s’accompagne souvent d’une aseptisation des villes, d’une mise à distance et d’une déconsidération des territoires des déchets, les lieux de réemploi de proximité (recycleries) sont en plein essor. Notre recherche vise à comprendre de quelles manières ces lieux, inscrivant leur activité dans une démarche écologique et/ou sociale, participent à modifier la relation des habitants à leurs rebuts, et transforment le rapport à l’environnement urbain et social. La fonction de ces lieux de réemploi est également interrogée à travers leur rôle dans la fabrique de la ville durable. Cette étude est innovante par la mobilisation de plusieurs champs de la géographie : les travaux sur la proximité, la géographie du commerce et de la consommation et les initiatives civiles d’investissement des milieux de vie. Le réemploi est ici considéré comme la remise en circulation d’un rebut qui s’effectue dans des lieux spécifiques de « nouvelle consommation ». Pour comprendre l’évolution de la valeur des rebuts dans ces lieux, le réemploi est analysé à partir de son expérience esthétique qui amène à de nouveaux rapports de proximité avec les déchets. La recherche porte essentiellement sur le Grand Paris, métropole urbaine dense, dont les résultats sont mis en regard avec un terrain exploratoire effectué à New York.

vendredi 7 février 2020 : soutenance de Avinaash MUNOHUR
Titre : Le multiculturalisme à Maurice : racisme colonial, Best-­‐Loser System et axiomatique postcoloniale.

Résumé :
L’île Maurice est souvent citée comme l’exemple d’un vivre-­‐ensemble exemplaire et d’une société plurale réconciliée avec ses contradictions. Mais par-­‐delà les clichés pour touristes et en-­deçà des pratiques religieuses et des rituels culturels propre à chaque communauté de l’arc-­en-­‐ciel mauricien, opère une structure du pouvoir fondée dans la notion même de la différence de couleur et qui va se trouver à la source de la multiplication des catégories censitaires ; qui vont à leurs tours produire une multiplication des catégories de la représentation politique, et des opérations d’inscription des individus dans des enclos socio-‐économiques et des enfermements culturels, communautaires, religieux, ethniques et linguistiques.

Cette présente thèse ne se veut ainsi pas être une histoire des colonialismes. Elle n’est pas non plus une histoire de la révolution industrielle sucrière, et encore moins une anthropologie de l’interculturalité à Maurice. Elle ambitionne uniquement d’appréhender la rationalité proprement structurelle du multiculturalisme mauricien par le biais de la philosophie poststructuraliste, et notamment par les philosophies politiques de Gilles Deleuze, de Félix Guattari et de Michel Foucault.

Nous pensons ainsi que le Best-­Loser System – dispositif se trouvant au cœur du système électoral – est une machine à produire des divisions identitaires dans le système de la représentation politique qui nous permet une porte d’entrée privilégiée pour penser cette dimension proprement structurelle du multiculturalisme mauricien. Ainsi, nous avons particulièrement voulu investir la notion d’axiomatique chez Gilles Deleuze et Félix Guattari – avec les ensembles conceptuels qui en dérivent, comme les notions de minorité et de majorité.

Notre hypothèse est la suivante : le multiculturalisme mauricien est une machine à produire des identités ; identités qui sont ensuite maintenues dans une logique de la lutte pour la reconnaissance– luttes antagonistes par rapport à la structure de la représentation, et qui demandent une reconnaissance et une inscription dans cette même structure -­‐ ; et c’est à partir de cette logique de la lutte qu’opère une axiomatique qui inscrit les nouveaux axiomes dans la structure de la représentation.

Ces luttes ne sont pas nouvelles dans l’histoire de Maurice, loin de là même. Elles trouvent leurs sources dès 1642 avec les premiers esclaves marrons. L’émergence du séga tipik et plus tard du séga engagé s’inscrivent également dans cette ligne de fuite et constituent ce que Deleuze et Guattari ont nommé un art mineur qui nous semble extrêmement important d’explorer. Nous voyons également apparaître depuis quelques années un cinéma mauricien dont la réflexion s’articule le plus souvent autour du monde de la plantation et du vivre-­‐ensemble à Maurice. Le film Lonbraz Kann du cinéaste David Constantin nous semble, par exemple, profondément important car il aborde, avec les moyens qui sont propres au cinéma, certaines des problématiques que nous balayerons dans ce présent travail.

Nous explorerons, en dernier lieu, le concept de fabulation, concept qui apparaît tardivement dans l’œuvre deleuzienne, mais qu’il nous semble essentiel de considérer car il nous permet une autre lumière sur les objectifs politiques des arts mauriciens. Ainsi, nous voyons, au travers la notion de fabulation se construire une autre île Maurice à travers ses artistes. Le cinéma et la musique surtout, mais aussi les nouveaux collectifs qui luttent pour la protection des lagons et des océans, nous mettent en face d’autres régimes signifiants, d’autres codes aussi. Ils préparent le terrain pour des luttes qui peuvent constituer autant de nouvelles problématiques qui contournent la logique des catégories fondées dans les subjectivités racialisées, et qui se confrontent à la logique immanente de l’axiomatique.

vendredi 7 février 2020 : soutenance de Yves-Marie RAULT

Titre : Les petites entreprises pharmaceutiques indiennes, agents d’une globalisation alternative

Résumé :
Comment de petites entreprises pharmaceutiques basées en Inde peuvent-elles trouver une place sur un marché mondial dominé par de grandes firmes multinationales ? Pour répondre à cette question centrale, cette thèse mobilise les outils théoriques de la géographie du développement, de la sociologie économique, et de l’économie institutionnelle. Elle s’appuie sur des sources et méthodologies diverses : des entretiens semi-directifs menés à Ahmedabad et à Mumbai auprès de directeurs d’entreprises pharmaceutiques de taille micro, petite, et moyenne (n = 99), des entretiens non-directifs auprès d’acteurs du secteur en Inde (n = 61), et des données quantitatives issues de bases de données publiques et privées. L’analyse montre que ces petites entreprises s’inscrivent dans des champs pharmaceutiques hiérarchisés par des normes spécifiques, au sein desquels elles occupent des positions diverses, meilleures sur le segment des médicaments génériques et des marchés émergents. Fortement spécialisées, capitalisant sur un important savoir-faire commercial, elles innovent de manière marginale mais originale, motivées par des rationalités entrepreneuriales variées dans lesquelles les désirs de reconnaissance sociale jouent un rôle aussi important que les aspects matériels. Agissant dans des environnements politiques, économiques, et juridiques défavorables, à de nombreuses échelles, leurs stratégies s’appuient de manière flexible sur des ressources encastrées dans des milieux d’affaires construits autour d’appartenances territoriales et communautaires, mieux dotés lorsqu’ils sont métropolitains et globalisés. Avec leur approche particulière de l’économie et de la santé, ces agents participent à la globalisation du marché pharmaceutique sous des formes alternatives.

jeudi 20 février 2020 : soutenance de Mathieu HARSCH

Titre : La teinture et les matières tinctoriales à la fin du Moyen Âge. Florence, Toscane, Méditerranée

Résumé :
La thèse porte sur l’économie de la teinture et des matières tinctoriales à la fin du Moyen Âge. Sa première partie, dédiée à la teinture comme activité productive à l’intérieur des cycles de production textile, a le double objectif, d’une part d’évaluer l’importance de la teinture pour l’industrie textile (autour de questions comme le poids de la teinture dans la formation des coûts de production, l’impact de la couleur sur le prix des produits finis, l’encadrement technique et productif de l’activité par les fabricants textiles et les corporations, etc.), d’autre part d’identifier les matières tinctoriales qui avaient le plus d’importance pour cette industrie (autour de questions comme les compétences techniques et la formation des teinturiers, le savoir-faire, l’évolution de la demande en couleurs d’habillement, les spécialisations professionnelles, etc.). La seconde partie de la thèse, centrée sur la production et le commerce des matières tinctoriales, dédie une majeure attention à certains produits (sans en négliger aucun) et notamment à la guède (ou pastel) : aussi bien en raison de son poids commercial, que pour sa caractéristique – unique dans la gamme médiévale des teintures – d’avoir généré une industrie de transformation à grande échelle. La dualité du sujet – d’un côté une industrie urbaine bien circonscrite dans l’espace, de l’autre une gamme de produits de différentes origines géographiques – a rendu nécessaire de définir un cadre géographique « ouvert ». Ainsi, l’industrie textile florentine de la laine et de la soie constitue le point de départ (et souvent le point d’arrivée), mais le fil du discours, selon les lieux de production ou selon les lieux d’échange, a été nécessairement porté à parcourir d’autres



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