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Sciences des sociétés
Ecole doctorale 624
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Soutenances Juin 2019

Publié : 14 mai 2019
Catégorie : Soutenances
Voir : Bourses et l'ED 382


-  Lundi 17 Juin : Madame TCHAMBA Ranese
"Une histoire postale du Cameroun de 1945 à la fin des années 1970. Support politique, réseaux de communication et pratiques sociales."

Résumé : Centrée sur l’étude d’un service public, la Poste, cette recherche propose l’histoire d’un support politique, des réseaux de communication et des pratiques sociales en terrain camerounais. Des lendemains de la seconde guerre jusqu’à la fin des années 1970, le réseau postal déjà établi depuis la fin du XIXème siècle s’étend en dessinant une trame linéaire faiblement maillée du sud vers le nord du territoire. Ce réseau participe à l’appropriation du territoire par l’État. L’implantation des bureaux de poste est un dessein administratif tout comme la création d’un poste de police. En ouvrant, le bureau de poste dans les chefs-lieux de région, ensuite dans les subdivisions administratives et enfin dans les campagnes, l’État suit une logique répondant à ses besoins. A suite des travaux entrepris au cours des années 1950 afin d’améliorer la qualité du réseau postal et son infrastructure, l’État indépendant met en place, dès 1960, des plans quinquennaux. Ceux-ci permettent à ce réseau de se reconfigurer et d’atténuer les fortes disparités régionales observées dans la partie nord du pays et dans l’ex-Cameroun britannique depuis la fin de la période coloniale. Mais cela ne résout pas complètement le problème de l’enclavement postal.
Établi pour répondre au besoin de l’État, cet outil de communication va aussi graduellement répondre au besoin d’un public qui se diversifie au fil des années. Jusqu’à la fin des années 1970, ce réseau de communication contribue au contrôle et à la gestion efficace du territoire sans pour autant se limiter au seul usage administratif. Les usages et les pratiques s’accroissent et l’on peut ainsi identifier différents groupes sociaux qui s’approprient de ces nouveaux outils de la modernité ancrés depuis la colonisation.
Support d’action politique, ce service joue aussi un rôle ambivalent dans les mouvements d’émancipation et la lutte pré-et-post indépendance. Au cours années 1950 jusqu’au début de la deuxième décennie après l’indépendance, le réseau postal est un outil efficace pour l’État qui, s’en sert pour contrôler l’information et contrecarrer la clandestinité de certains leaders politiques opposants du pouvoir en place. Ce réseau sert aussi comme lieu de structuration de l’action militante syndicale et politique, permettant aux postiers de se construire un univers syndical au sein duquel, ils font entendre leur voix et revendiquer leur cause. Il permet également à certains d’entre eux de se démarquer et de s’imposer dans l’arène politique.
Au contact direct et journalier des populations, le service postal devient un observatoire des rapports sociaux tant en situation coloniale qu’après l’indépendance. L’administration des PTT au Cameroun est une grande maison constituée d’un personnel diversifié venant de différentes entités sociologiques. Il existe un contraste entre ceux qui assurent un service actif et ceux qui sont sur place dans le bureau de poste. L’absence de femmes camerounaises parmi ce personnel au courant de la période coloniale est à signaler. Il faut attendre le début des années 1960, après l’indépendance, pour assister à l’entrée de la gente féminine. Le faible niveau de formation du personnel observé jusqu’après la Seconde Guerre s’améliore dès le début des années 1950 grâce à la création des centres d’instruction professionnelle. La « camerounisation » des cadres, initiée à cette période, se poursuit au lendemain de l’indépendance et, est une préoccupation majeure pour l’État indépendant. L’École nationale supérieure des P&T est alors créée à la fin des années 1960 et devient le nouveau lieu de formation et de qualification du personnel. Au fil des années, ces agent(e)s s’investissent dans un environnement de travail où l’ambiance crée une forme de sociabilité interactive entre usagers et agents. Néanmoins, plusieurs d’entre eux (agents) sont coupables du non-respect de la déontologie professionnelle, entraînant des dysfonctionnements qui, ternissent l’image de ce service public.
En dépit de ces difficultés liées à son fonctionnement, la Poste constitue un maillon essentiel dans l’économie nationale. Considérée comme un instrument de développement du pays, l’Etat trouve nécessaire de la restructurer dans le cadre des nouvelles réformes économiques qui surviennent au cours des années 1980.

-  Mardi 25 Juin : Madame LARA LARGO Sofia
"Imbrications identitaires : les usages ethniques du territoire à Guamal, Caldas, Colombie."

Résumé : Cette thèse est consacrée à l’analyse d’un ensemble de pratiques, identitaires et territoriales, ayant cours dans la localité des Andes colombiennes de Guamal, dans le nord-ouest du département de Caldas. Elle se fonde sur un travail ethnographique et documentaire mené entre 2013 et 2019. La communauté de Guamal, dont les membres sont dans leur majorité descendants d’esclaves de l’époque coloniale, se trouve sous la juridiction du Cabildo de Cañamomo Lomaprieta, en un territoire reconnu officiellement comme resguardo indigène. L’objectif principal de cette recherche est de saisir la manière dont les contours des identités (collectives, ethniques, communautaires ou individuelles) et des territoires se dessinent mutuellement, soit à travers le conflit, soit par la conciliation. Ce travail privilégie une lecture des transformations ayant eu lieu tout au long de l’histoire de cohabitation des groupes et des individus, au prisme des relations de pouvoir. Vingt-huit ans après la promulgation de la Constitution politique colombienne de 1991, les groupes se sont appropriés le multiculturalisme qu’elle instaure, modifiant une fois de plus les frontières territoriales et identitaires. La confrontation de différents types d’autorités a configuré localement un modèle de gestion territoriale particulier, caractérisé par d’éventuels chevauchements ou ambiguïtés juridiques et politiques. Certaines catégories récentes sont appropriées et resignifiées. Les identités revendiquées s’imbriquent, générant des configurations sociales, relationnelles et territoriales inédites.

Vendredi 28 juin : Madame PODZOROVA-BIRET Maria
"Vers l’Internationale « communiste » des arts. Circulations des arts plastiques et des artistes entre l’URSS et l’Occident (Allemagne, États-Unis, France, Italie) dans l’entre-deux-guerres (1918-1936)"

Résumé  : L’étude sur les circulations des artistes et des œuvres d’art entre l’Occident et l’URSS intègre de multiples facteurs qui relèvent de la propagande idéologique, de la politique économique et du contexte géopolitique. L’objectif de cette recherche est de questionner l’internationalisme artistique dans la perspective politique et sociale de ce grand tournant de l’époque contemporaine qu’a été la révolution d’Octobre. L’intérêt des artistes dans ces circulations s’inscrit également dans la logique d’un mouvement contre l’art pour l’art et contre un art élitiste, au profit d’un art engagé au service du prolétariat. L’objet d’art porte alors une valeur économique et symbolique. Les problématiques liées spécifiquement aux structures de la scène artistique soviétique et occidentale sont analysées. Les protagonistes de ces circulations sont nombreux et leurs activités se croisent et se chevauchent, à travers leurs parcours et leur place en URSS aussi bien qu’en Occident. En analysant la structuration des circulations artistiques, cette recherche met en évidence leurs réalisations et leurs dysfonctionnements, ancrés dans des logiques non seulement idéologiques et politiques, mais aussi économiques et sociales.



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