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Economies, espaces, sociétés, civilisations : pensée critique, politique et pratiques sociales
Ecole doctorale 382
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Soutenances novembre 2018

Publié : 24 septembre 2018
Catégorie : Soutenances
Voir : Bourses et l'ED 382


-  Vendredi 23 novembre  : Madame Nadia CORDERO GAMBOA
"Le devenir professionnel des jeunes diplômés étrangers en France"

Résumé : Les migrations professionnelle et étudiante ont été abordées sous l’angle des réseaux, de la socialisation ou des échanges entre les pays d’origine et la France. Cette recherche anthropologique, quant à elle, s’attache à analyser la situation professionnelle des jeunes diplômés de master ou de doctorat issus de pays n’appartenant pas à l’Union européenne. Ceux-ci souhaitent s’engager dans une activité professionnelle en France, toutefois « la question du retour au pays d’origine se pose souvent à l’issue de leurs cursus universitaire ». Pour eux, l’entrée dans le monde professionnel prend une dimension administrative très marquée. Ils se trouvent confrontés à des obligations administratives (pendant leurs études, dans la vie quotidienne ou au travail), à des contraintes d’insertion professionnelle ou de poursuite de carrière (postes réservés aux ressortissants de l’Union européenne, problèmes pour changer de statut) en passant par des difficultés à établir un projet professionnel après l’obtention de leur diplôme. Dans le cadre d’une démarche anthropologique, un travail d’immersion est mené au sein d’associations représentatives des doctorants travaillant sur la valorisation du parcours doctoral et d’associations qui informent et apportent leur soutien aux jeunes diplômés étrangers, afin d’appréhender la manière dont ils envisagent la suite de leur parcours en France et de connaître la manière dont ils le vivent.

-  Samedi 24 novembre : Madame Elodie GROSSI
« Bad Brains » : Race et Psychiatrie de la fin de l’esclavage à l’époque contemporaine aux États-Unis

Résumé : Cette thèse explore l’histoire sociale de la psychiatrie racialisée dans le Sud ségrégué et la médicalisation du corps noir du XIXe siècle jusqu’à l’époque contemporaine. En croisant les questionnements autour de la politisation de la science et des pratiques psychiatriques, ainsi que les notions de citoyenneté, de responsabilité et de droits civiques, elle étudie l’histoire des patients noirs en psychiatrie aux États-Unis et l’évolution des théories psychiatriques prenant pour cible l’altérité raciale. En s’appuyant sur un corpus d’archives personnelles de médecins, d’institutions de soins et de centres de recherche en psychiatrie, ainsi que sur une enquête qualitative réalisée auprès de psychiatres en Californie, elle montre la longue histoire des pratiques de discrimination raciale en médecine aux États-Unis et la construction de « l’apartheid médical » dans les hôpitaux du Sud depuis la fin du XIXe siècle. Ce travail retrace les différents régimes par lesquels la notion de race a été jugée pertinente par les psychiatres pour naturaliser les différences corporelles de la fin de l’esclavage jusqu’à l’époque contemporaine. Alors que la variable raciale commençait à être convoquée dans les études sur la folie à partir des années 1840, on observe, au cours du XIXe siècle, l’émergence d’un système de classification des pathologies et de routines appliquées aux corps noirs et blancs élaborés par les aliénistes sudistes pour contraindre et « guérir » les patients noirs dans des espaces séparés. En développant l’approche de la psychiatrie sociale et en fondant les premières cliniques urbaines dans les ghettos noirs dans le contexte de la Grande Migration, les psychiatres du Nord cherchaient par ailleurs à condamner à l’obsolescence les institutions ségréguées du Sud, et à réaffirmer la modernité de leurs propres pratiques. Ensuite, dans le contexte des années 1960, cette thèse montre l’intersection entre, d’une part, la politisation croissante de la recherche menée par les psychiatres sur la violence urbaine et, d’autre part, les représentations dans la littérature médicale des manifestants noirs, dont les comportements sont classés comme pathologiques. Enfin, ce travail aborde l’émergence de la psychiatrie anti-raciste durant le mouvement de désinstitutionalisation et révèle les enjeux du développement d’unités psychiatriques dans lesquelles des psychiatres formulèrent une nouvelle approche, à partir des années 1980, en plaçant la notion de race, comprise comme un paradigme biologique et culturel, au cœur de la relation médecin-patient. L’enquête qualitative conduite au sein d’une de ces unités et de plusieurs cliniques de soins en Californie dévoile les représentations sociales complexes et souvent contradictoires de la race qui existent aujourd’hui pour les psychiatres américains, pour qui cette variable est comprise simultanément comme une variable biomédicale et comme une construction culturelle et sociale. En conjuguant la recherche historique sur les pratiques de soins aux méthodes empiriques de la sociologie, cette thèse démontre que la mémoire de la race irrigue les pratiques et les discours de la profession psychiatrique américaine, aussi bien dans les représentations que les médecins véhiculent des corps soignés, que dans les stratégies de naturalisation du social employées pour prendre en charge leurs patients.

-  Vendredi 30 novembre : Monsieur Nouri RUPERT
"Unions conjugales des françaises « d’origine marocaine » entre la France et le Maroc. Identités multiples et rapports sociaux de pouvoir"

Résumé : Cette thèse s’appuie sur la réalisation d’une enquête qualitative autour des trajectoires conjugales, allant des mariages aux divorces, auprès de trente-cinq femmes françaises « d’origine marocaine » entre la France et le Maroc.
Nous avons réalisé deux terrains ethnographiques, un en région parisienne et un autre au Maroc auprès de femmes nées en France de parents marocains, ayant fait le choix de rester installées en France ou circuler de manière plus ou moins longue, entre la France et le Maroc. Elles ont toutes connu une situation de mariage et divorce. Les mariages et divorces ne peuvent se comprendre qu’en considérant l’importance des classes sociales, des territoires qu’ils traversent à l’aide des rapports sociaux de sexe, de nationalité et de « race », imbriqués et visibilisés par la « double présence » des femmes françaises « d’origine marocaine » entre les deux espaces. Après avoir souligné le contexte socio-historique singulier dans lequel les descendantes d’immigrant-e-s font l’expérience d’injonctions paradoxales, construisant leur situation de minoration en dehors et dans le mariage, nous reviendrons sur la construction des rapports de pouvoir qui amènent à objectiver l’existence d’un espace de circulation franco-marocain. L’inextricabilité qui existe entre mariages et divorces permet enfin, dans ce travail, de penser les luttes autour du déplacement/replacement des femmes françaises d’origine marocaine sur le marché conjugal « français », après un divorce.



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