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Sciences des sociétés
Ecole doctorale 624
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soutenance de janvier et février 2021

Publié : 17 mars 2021
Catégorie : Soutenances
Voir : Bourses et l'ED 382


11 janvier 2021 : soutenance de M. MILLOT Romain

Titre : La conspiration sous la République romaine : pratiques politiques, représentations et imaginaire social (509-44 av. J.-C)

Résumé : La notion large de « conspiration » renvoie à un phénomène pluriel, qui peut désigner, à Rome, une grande variété de crimes politiques tels que l’aspiration à la tyrannie, l’organisation d’un coup d’État, la planification d’assassinats de magistrats ou des ententes politiques conduisant à contourner les institutions. Ce travail doctoral propose d’étudier l’ensemble de ces événements sur la période qui s’étend de la première conjuration contre la République, celle des fils de Brutus dès 509, à la conspiration qui conduit à la mort de César aux ides de mars 44.
Il s’agit d’abord d’identifier les acteurs et les principales étapes et ressorts des récits de conspiration, depuis la planification du projet jusqu’au châtiment des conspirateurs. À l’aide d’une mise en série de tous les épisodes de conspiration et d’un classement typologique, l’objectif de ce premier temps de la réflexion est de parvenir à distinguer d’une part les stéréotypes et reconstructions de ces récits et, d’autre part, les possibles noyaux de « vérité » historique relatifs aux pratiques conspiratives sous la République (chapitres 1 à 4).
L’accusation de conspiration, qui permet de forger l’image d’un « Autre » situé hors de la cité, doit ensuite être interrogée. Il faut notamment discuter les modalités et finalités de son instrumentalisation, fréquente dans les affrontements politiques de la fin de la République. Cela revient d’abord à considérer les écrits centraux de Cicéron (notamment le discours sans cesse réadapté dirigé contre Catilina, ses partisans et ses successeurs) comme de César (qui utilise la dénonciation systématique de conjurations gauloises afin de justifier ses actions en Gaule), et ensuite d’identifier les traces d’oppositions politiques issues de rivalités gentilices, qu’il est possible de retrouver à la fois dans les récits annalistiques, dans quelques sources numismatiques, et dans la toponymie de Rome (chapitres 5 et 6).
Enfin, cette étude s’efforce de relire l’histoire de la conspiration à Rome sur le temps long et interroge, une fois ôté le costume stéréotypé de la conspiration, et ses attraits littéraires dissipés, d’autres modèles d’interprétation révélateurs, à chaque époque, des problématiques politiques, militaires et sociales auxquelles la République dut faire face : la transition entre deux régimes (de la royauté à la République), les difficultés liées à l’intégration des peuples étrangers à la cité et à l’empire de Rome, la constitution progressive d’un pouvoir plébéien au sein de la cité, l’instabilité et les craintes suscitées par la proximité quotidienne des esclaves, enfin des enjeux de fonctionnement interne qui émergent, en situation de « crise », à la fin de la République, autour des questions relatives à l’exercice de la violence d’État (chapitre 7 et 8). Ainsi tout au long de son histoire, la République semble avoir redouté ce mode d’agir alors même qu’il constitue l’une des dynamiques inhérentes à la cité romaine.

16 janvier 2021 : soutenance de Mme BAUDRY Sarah

Titre : La fabrique des espaces publics à Rome : processus, acteurs, enjeux culturels et urbains

Résumé : Cette thèse s’intéresse à la « fabrique » des espaces publics à Rome, entendue comme un processus de co-construction qui s’articule autour de la sphère de l’action publique urbaine mais qui la dépasse. En effet, il s’agit de comprendre selon quelles modalités et au sein de quels espaces un lieu devient enjeu public et/ou commun, et d’appréhender la diversité des acteurs qui vont être mobilisés dans la production de l’espace public. L’analyse porte en particulier sur la sphère des « citadins engagés », à savoir les collectifs, les associations et professionnels de l’urbanisme, de l’art et de la culture et analyse la manière dont ces acteurs interagissent ou non avec les politiques urbaines au sein de l’action urbaine. Pour ce faire, cette recherche traite principalement des territoires non centraux romains : les zones péri-centrales ex-ouvrières (Testaccio-Ostiense et Pigneto) et les zones périphériques (les ex-zones « abusives », c’est-à-dire informelles, des borgate romaines). Le jeu des acteurs varie aussi en fonction des types d’espaces publics explorés qui vont du banal, comme la rue de quartier, au plus spécifique comme ceux investis par l’artification de la ville. Ainsi, en prenant pour exemple des quartiers anciennement productifs et aujourd’hui concernés par des dynamiques de gentrification, mais aussi des zones plus périphériques notoirement connues pour manquer d’espaces publics de base, la thèse questionne la notion même d’espace public et appréhende les enjeux qui se cristallisent dans ces lieux ainsi que le rôle des acteurs impliqués dans la fabrique de l’espace public. La ville de Rome, tiraillée entre son image patrimoniale et la volonté de certains de ses acteurs de participer à la course à la métropolisation, notamment à travers la culture et l’art, apparaît comme un cas particulièrement intéressant pour explorer ces dynamiques.

15 février 2021 : soutenance de Mme REISER Chloé

Titre : Se loger dans un quartier tremplin : trajectoires et stratégies résidentielles des familles immigrantes à Parc-Extension et Saint-Michel, Montréal

Résumé : Cette recherche de géographie urbaine et sociale vise à analyser les trajectoires et les stratégies résidentielles des familles immigrantes avec enfants à l’aune des politiques publiques de logement et de la restructuration des marchés locaux de l’habitat dans deux quartiers de Montréal. Les territoires d’étude comparés sont deux inner suburbs montréalais en transformation. Espaces de transition entre la ville d’avant-guerre et d’après-guerre et caractérisés par une population majoritaire de locataires immigrants à faible revenu, Saint-Michel et Parc-Extension sont décrits par les chercheur·se·s en sciences sociales comme des « quartiers tremplins » censés favoriser la mobilité sociale et/ou spatiale des nouveaux et nouvelles arrivant·e·s. Alors qu’ils ont longtemps servi de simples points de transit, les familles immigrantes s’y établissent aujourd’hui de manière plus durable. Or, depuis la fin des années 1990, de nouveaux plans de développement urbain conduits à l’échelle métropolitaine et des politiques d’aménagement à l’échelle plus locale ont commencé à affecter la structure du parc de logement et la stratification sociale dans ces deux quartiers. Basé sur la combinaison de plusieurs techniques d’enquête qualitatives, ce travail de thèse relève d’une démarche de recherche participative et engagée. La soixantaine d’entretiens semi-directifs réalisés avec des familles immigrantes vivant en logement social ou en attente d’un logement social dans les deux quartiers constitue le socle de l’analyse des trajectoires et des stratégies résidentielles. L’idée est de redonner une certaine agentivité aux ménages en insistant sur leur intentionnalité dans la recherche et dans les choix successifs de logement tout en montrant comment ces choix sont aussi conditionnés par leurs ressources sociales, spatiales et économiques, ainsi que par leur identité spécifique, notamment en tant qu’immigrant et parent. L’objectif est également d’identifier la place qu’occupent les quartiers tremplins et le logement social au sein des trajectoires résidentielles de ces familles. La trentaine d’entretiens semi-directifs menés auprès des professionnel·le·s, bailleurs sociaux, employé·e·s d’organismes communautaires, élu·e·s et urbanistes, sert à identifier les structures socioéconomiques et spatiales qui s’imposent aux familles immigrantes et influencent leurs arbitrages résidentiels. L’idée est de prendre en compte les effets des évolutions de l’offre et de la demande en logement abordable sur les trajectoires résidentielles de ces ménages dans les deux quartiers. Enfin, l’observation participante active, menée comme bénévole au sein d’un organisme communautaire dans chacun des quartiers d’étude, permet de faire le lien entre les politiques de logement mises en place aux différents échelons administratifs et les revendications des locataires face aux transformations urbaines dans les deux quartiers. Avec cette recherche, l’objectif est de présenter les liens qui existent entre dynamiques résidentielles et migratoires des familles immigrantes à l’échelle individuelle et dynamiques du marché du logement locatif à l’échelle de la ville et du quartier. Ce travail souhaite ouvrir de nouvelles perspectives de recherche sur les recompositions urbaines et les mobilités résidentielles à l’oeuvre dans les quartiers tremplins des grandes métropoles canadiennes.

23 février 2021 : soutenance de Mme BLANCHI Yann

Titre : Meta-écologie et dispositifs adaptatifs en architecture. Les arbres comme modèle systémique interactif

Résumé : Cette recherche questionne la notion d’architecture adaptative. L’architecture peut-elle établir des continuités entre l’humain et la nature ? Peut-elle être le support actif du couplage des usagers avec leur milieu, dans une logique de co-évolution ? Peut-on envisager les dispositifs architecturaux comme une interface à forte connectivité, ne se dressant pas en barrières mais intensifiant les relations entre l’humain et son milieu ? La méthodologie de cette recherche s’appuie à la fois sur l’analogie et l’expérimentation. La notion d’adaptation est interrogée de façon transdisciplinaire dans le champ de la biologie végétale, des sciences des systèmes et de l’architecture. Parallèlement la fabrication de prototypes participe à la construction de connaissances concrètes. La triade humain-architecture-milieu est considérée d’un point de vue systémique où les constantes évolutions de l’un et de l’autre seraient absorbées par une sorte d’ordre mouvant et élastique. L’action et l’information deviennent les composantes de ce système cyber-physique-humain, et permettraient d’atteindre cet équilibre dynamique.



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